Mon adoption en refuge SPA

L’an dernier, pendant mon hospitalisation, j’ai lu le livre de Julie Burton « Dog Medecine ».
Toute ma vie, j’ai rêvé d’adopter un chien, mais la vie, les avis des gens, et mon instabilité m’en ont toujours empêché.
Néanmoins, cloitrée dans une chambre d’hôpital lugubre, l’idée a muri, s’est confirmée, et en pesant le pour et le contre, j’ai pris la décision officielle d’adopter une boule de poils.
Mon choix s’est naturellement porté sur un chien en refuge. Il était hors de question de passer par la case éleveur, de part le coût d’achat excessif d’un chiot, et tout en sachant que les refuges animaliers étaient pleins à craquer d’animaux abandonnés.
Je pense que je me suis reconnue dans la situation d’abandon, seule dans ma chambre, en attente de soins, d’amour et de reconnaissance.
Sur une après midi de permission, j’ai pris ma voiture, déterminée, et j’ai fait un premier refuge SPA. On me présente « Pti Lu », un bichon de 10 ans qui correspond à mes critères (un chien âgé avec peu de chances d’adoption). Ce chien est… mignon, gentil, adorable, bref tout ce qu’on veut et je m’étonne de ne pas avoir un coup de coeur, moi si sensible et déterminée à faire une bonne action. Je repars du refuge, me promettant d’y réfléchir.
Le soir même, étrangement, j’ai déjà oublié cette rencontre. Cette boule de poils n’est pas pour moi et je suis un peu déçue de ne pas avoir eu le déclic.

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Mes « un an » après hospitalisation TCA


Hospitalisation longue… un an après.
Un an et quelques jours se sont écoulés depuis ma sortie de Saint Vincent de Paul, clinique réputée pour les traitement de TCA à Lyon.
Les forums, articles parlent souvent de l’avant hospitalisation, du pendant, et plus rarement de l’après.
Alors j’ai décidé de reprendre ma « plume » et de faire part du suivi dont j’ai bénéficié après l’hospitalisation! Il y a du positif, et du très difficile, chaque semaine est rythmée pour ma part, par un rendez vous médical, et guérir est une épreuve qu’il faut intégrer à 100% dans notre vie.
Voici mon récit.
La clinique ne vous laisse pas sortir ans que vous n’ayez fixé un rendez vous avec un psychiatre et/ou selon les cas, une psychologue. J’avais déjà mon psychiatre, c’est d’ailleurs lui qui m’avait fait hospitaliser, il me restait donc à trouver un bon psychologue. J’ai de suite abandonné les noms données par la clinique, car les praticiens sont chers, et des fois à l’extérieur de la ville (St Bonnet de Mure par exemple), ou bien les horaires sont difficiles à caler avec une reprise d’activité.
C’est donc perplexe que j’ai cherché sur notre bon moteur de recherche Google, un psychologue spécialisé en TCA.

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Recette de pain minute inratable (sans MAP)

Je voulais partager avec vous une recette qui a changé mon quotidien depuis ma sortie de l’hôpital. En effet, avant, je ne consommais plus du tout de pain, c’était pour moi un aliment diabolique pour une tonne de raisons non valables. Une des filles de la clinique avec qui j’ai partagé mon quotidien m’a fait suivre sa recette de pain minute qui est juste une merveille.

Elle ne nécessite pas de machine à pain, ni de don spécial en cuisine, ce qui est un vrai plus pour moi qui ne suit pas un cordon bleu !

Voici la recette du pain inratable minute :

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Saint Vincent de Paul – Lyon

Aujourd’hui j’ai décidé de vous raconter l’histoire de mon silence de ces derniers mois. Il s’avère que j’ai été hospitalisée trois mois à la Clinique Saint Vincent de Paul, sur Lyon. Il s’agit d’une clinique pour femmes qui traite les TCA, la dépression, les addictions (alcoolisme etc).

Saint Vincent de Paul est une clinique réputée dans le domaine des TCA. Il suffit de faire une recherche Google également pour s’assurer de la dureté des soins. Voici mon ressenti. Je tiens à souligner qu’il s’agit d’un ressenti, du mien, personnel. Il ne doit en aucun cas être pris comme référence. Chaque patiente réagit, aborde, voit, guérit différemment.

Le « Comment » :

J’ai intégré SVDP à la suite d’une hospitalisation de 10 jours aux urgences Edouard Herriot à Lyon. Le service, alerté par mon mal être, ma fatigue et mes carences, a transmis mon dossier. En une semaine, une place était libre pour moi.

Je connaissais la clinique de nom, elle est très réputée. J’ai saisi cette occasion en me jurant que c’était ma dernière chance.

Les premiers jours :

Le premier jour a été presque insurmontable. Vous traversez une clinique un peu vieillissante, les médecins semblent froids, durs. Les chambres donnent l’impression d’une chambre de nonne (c’est un ancien pensionnat, tenu par des sœurs). Il manque juste une croix au mur. D’ailleurs, une chapelle est présente sur place.

Oubliez le calme, vous entendez les conversations des chambres voisines, des pas dans le couloir, les chariots le matin et les bruits de tuyauterie.

Oubliez votre dodo dans le noir. La lumière du couloir sous les portes vous donne l’impression d’un lever de soleil à 3h du matin. De plus, les infirmières font deux à trois rondes dans la nuit pour s’assurer que vous êtes bien présente.

J’ai beaucoup pleuré, d’autant plus que la première semaine, on vous coupe du monde extérieur : pas de portable. Pour une génération accro aux smartphones, ça a été difficile.

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Pourquoi j’ai décidé de stopper les réseaux sociaux

Souffrir de TCA, c’est ne pas s’aimer, c’est avoir une image erronée de soi, c’est souffrir d’angoisse. Depuis le début de l’année, et après un an de célibat, j’ai quelqu’un en tête. Pas prête cependant à être en couple.

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La raison ? Les raisons ? Beaucoup trop d’angoisses. Un serpent qui se mord la queue a vrai dire. Car autour de moi, les couples se forment, s’unissent, se reproduisent. Mes TCA m’ont toujours empêché de me projeter sur le long terme et aujourd’hui je ressens un vrai décalage.

Car oui, moi aussi j’ai envie d’amour tout rose, de calins le dimanche, et de fleurs en rentrant le soir. Mais j’ai aussi envie des fois d’être seule, quand mes angoisses sont trop fortes. J’aime me dire que je n’effraie personne si je ne donne plus de nouvelles pendant deux jours.

Ces angoisses, je les alimente. Facebook, Snapchat, Instagram. Voir défiler la vie de nos connaissances, amis, famille peut être culpabilisant. J’ai évolué ces derniers mois avec l’idée d’être en marge de la société et de ce que l’on attend d’une jeune femme de 28 ans.

De plus, j’ai découvert le cercle vicieux du « VU ». le « VU », c’est la possibilité de savoir quand et à quelle heure précise votre interlocuteur a lu vos messages. J’ai donc découvert avec joie ( !) le « il a lu mais ne répond pas… ai-je dis quelque chose de mal ? »

Après avoir passé une soirée à pleurer (pour rien, car la personne était en réunion), j’ai décidé d’arrêter d’être ridicule et de me torturer. Si je n’ai pas de réponse ? alors mon interlocuteur est occupé/fatigué/soulé et je dois l’accepter. Inutile de m’angoisser plus que de raison. Facebook, Whatsapp désinstallé. Au moins le temps d’aller mieux. Les amis écriront par texto, à « l’ancienne ».

De mon côté, à 28 ans, je m’inquiète cependant sérieusement pour la nouvelle génération. Ma petite nièce de 10 ans souhaite un portable. Elle l’aura d’ici deux ans. Elle l’aura à l’âge où l’on se construit de A a Z. Elle l’aura au moment où elle doutera le plus d’elle, au moment où elle sera le plus vulnérable. J’ai peur pour elle. De ne pas pouvoir la protéger et de ne pas lui donner les clés pour qu’elle s’aime.
En attendant, je la couvre de câlins et de « Je t’aime ».

Pancakes caramélisés aux pommes

2016 a été une année très riche pour moi. Changements personnels, professionnel, relationnels. Beaucoup de prises de conscience, beaucoup de sport, moins de voyage, beaucoup de doutes.
J’attaque 2017, plus sereine. J’ai voulu évoluer professionnellement, c’est fait. Je voulais tomber amoureuse, ce n’est pas fait, mais je ne m’inquiète plus par rapport à ça. Je voulais guérir, c’est loin d’être le cas, mais je m’accroche.
Je me lance des défis au quotidien, note sur un petit carnet toutes, absolument toutes mes envies, pour ne laisser aucun souhait s’envoler, mais le faire se faire poursuivre et se concrétiser.
2017 s’annonce plein de voyages, de défis pour sortir de l’anorexie et la boulimie.

Et j’ai voulu vous partager une recette tout simple, mais délicieuse, facile et réconfortante.
En pleine période de chandeleur, moi je vous propose…. des pancakes!
Pas n’importe quels pancakes, mais des pancakes caramélisés aux pommes, avec du miel!

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Recette pour 4 personnes:
2 oeufs, 250g de farine, de la levure (1 cas), 1 cas de sucre, 30 cl de lait, 1 pincée de sel
Préparation pommes: 1 grosse pomme, 1 cas de sucre vanillé, un peu de miel

Cassez les oeufs et battez les avec le sucre.
Ajoutez la farine, la levure et le sel. Mélangez.
Ajoutez le lait petit à petit et mélangez bien.
Pour la pomme: Coupez la en ronds fins d’un demi centimètre.
Dans votre mélange sucre/miel, mélangez délicatement les pommes.
Faites cuire à feu moyen vos ronds de pommes à la poêle pendant 3 à 5 min de chaque coté. Les pommes doivent être à peine fondantes. Réservez.
Procédez comme habituellement pour faire cuire vos pancakes. Versez votre pâte dans la poêle et ajoutez un rond de pomme.
Laissez cuire jusqu’à ce que des bulles apparaissent sur votre pâte et retournez.
Laissez refroidir quelques minutes et dégustez!
Sucre glace, miel, et quelques noix avec un bon thé vert viennent compléter tout ça pour ma part, et ensoleiller les dimanches matins!
Bon appétit 🙂

Faut il lire des romans de « malade » en étant Malade?

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« Jours sans faim », « Petite », « Le petit corps » ou encore « Thornytorinx » et bien d’autres. Tous sont des romans traitant des troubles du comportement alimentaires, principalement de l’anorexie.
Sur les réseaux sociaux, les jeunes filles s’échangent leurs avis sur ces romans. A 18/20 ans (j’en ai 27), je les dévorais aussi. J’ai arrêté depuis pour pas mal de raisons.

Quand on imagine une jeune femme anorexique lire un roman traitant de l’anorexie, on peut facilement se dire qu’elle cherche à se sentir moins isolée dans la maladie, dans les symptômes.
C’est vrai. Savoir que quelque part en France, une jeune femme, écrivain de surcroit, a vécu la même chose, est rassurant. On se retrouve dans les prémisses de la maladie, l’image déformée du corps, l’incompréhension de l’entourage, la peur de perdre le contrôle.
Sauf que… nous sommes toutes différentes. De tous ces livres de battantes, de guerrières, qui non seulement sont guéries, mais guéries au point d’en écrire un livre, j’ai développé une sorte de sentiment d’infériorité.

Moi, je ne parvenais pas à m’en sortir et je ne comprenais pas pourquoi.
Quand les livres arrivaient à parler du soutien de leur famille, du corps médical et de leurs amis pour guérir, moi je me sentais atrocement seule… et nulle.

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Je ne suis pas la Maladie

Il y a quelques semaines, j’ouvre mon compte Instagram, et je vois un nouvel abonné. Coup de pression, coup de chaleur (vous savez celui qui monte d’un coup et qui vous bloque bien la respiration): c’est un ancien camarade de collège.
La veille, l’ex d’un ami avait aussi aimé quelques photos. Sur Instagram, j’ai le lien du blog. Sur Instagram, je parle de mes compulsions, de mon poids, de ma détresse, bref de ma Maladie, avec le grand M qui va bien.

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Sur le coup, j’ai pensé tout fermer. Me rendre invisible et tenter d’oublier qu’une connaissance ait pu s’apercevoir de qui j’étais devenue. Et puis je me suis demandé en quoi je devrai avoir honte d’être malade.

Je n’ai pas voulu la maladie! Elle est venue à moi, et je la combats chaque jour. J’ai vécu le décès de ma maman, jeune, j’ai vécu le viol, j’ai vécu le harcèlement scolaire. Mais cela ne me définit pas.

Je suis aussi une jeune femme de 27 ans. De ma petite ville, je suis montée à deux métropoles, où j’ai travaillé dès le départ. Je me suis fait un cercle d’amis solide. J’ai voyagé, et j’ai adoré ça. J’ai sauté à l’élastique. Vu des dauphins en milieu sauvage. Je fais du sport. J’ai gouté du crocodile. Adopté un petit lapin. Je sais coudre et créer des peluches mignonnes pour mes proches. Je sais écouter les gens et être là à n’importe quelle heure. J’ai été la meilleure vendeuse de mon équipe. J’ai été amoureuse. Je sais dessiner et j’adore ça.

La maladie m’empêche cependant de créer des projets à long terme, car la stabilité m’effraie encore.
Mais je ne suis pas la maladie.

Et je ne suis plus la Julie de mes 17 ans. Tout reste à construire, et le meilleur je l’espère, est devant.

Cheesecake revisité (alternative Vegan)

Me voici doucement de retour, et j’ai eu envie de vous proposer une recette de l’un de mes desserts préférés: Le cheesecake!
Pas le plus light ou nutritif dessert de la terre, pour sûr. Je me suis donc mis à la recherche d’une recette plus légère et qui pouvait répondre à mes envies du moment (chocolat)!
Cette recette peut se décliner en version Vegan et la voici:
Pour deux ou trois personnes
BASE
150g de dattes séchées et dénoyautées
150g d’amandes
30g de flocons d’avoine
1 cac d’huile de coco
CHEESECAKE
1 yaourt nature ou de soja
1 feuille et demie de gélatine (ou agar agar)
30g de purée de noisettes
150ml de boisson soja chocolat
Vanille

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Lettre Ouverte

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On va atteindre les dix ans. Dix années à surveiller mon alimentation, dix années à me restreindre, vomir, dormir, fuir.
De longues années, seule, à me couper du monde, de la vie.

J’aurai aimé, toi ma sœur, que tu sois là, compréhensive et aimante.
J’aurai aimé, Papa, que tu me soutiennes et sois un père.
Je ne vous en veux pas. Je m’en veux, moi d’être aussi fragile, sensible et malade.
J’aurai aimé vous faire comprendre l’enfer dans lequel je vis, chaque jour qui passe.
La maladie ne prend pas des vacances, la maladie ne laisse pas de repos lors des Noël et des anniversaires.
Je sais que vous me trouvez bizarre, que vous désapprouvez mes choix de vie. Mais je vous fuis. Je vous fuis en même temps que la vie, que le bonheur et les rires.
Je suis incapable de me lier aux autres, j’ai peur qu’ils découvrent en moi un être atroce…car vous me faites sentir atroce avec vos regards de dégoût et vos remarques acerbes sur mon corps.

A mes amis, j’aimerai que vous puissiez comprendre que je ne fuis pas les soirées par plaisir. Je suis malade et j’ai peur. J’aimerai vous le hurler, juste pour ne plus passer pour la dépressive du groupe, celle qui avale des médicaments et qui finit à l’hosto.
Je voudrai tellement ne pas être moi, je voudrai tellement vous expliquer que je ne m’en sors pas, que j’ai besoin de vous, mais que je lutte malgré tout et je voudrai que vous puissiez me sourire et ne plus avoir pitié.
Je donne toute mon énergie à aller mieux… ne me fuyez pas, je n’ai que vous.

A mes collègues, de toutes part et entreprises, j’aimerai vous dire que je ne suis pas que la fille ultra réservée que je semble être. Je suis aussi attentive à vous, je sais être à l’écoute et de confiance.
N’ayez pas peur.
Les midis, je suis silencieuse, parce que manger me demande une énergie folle. Je vous apprécie, n’en doutez pas. Ne me craignez pas.

A mon ancien « LUI », je suis désolée, désolée d’avoir passé cinq ans à pleurer, beaucoup trop, et à rire, pas assez. Désolée de t’avoir confronté à la maladie, à la peur, au chagrin.
Choisis bien la prochaine, elle sourira, elle sera belle et aimera la vie.

A mes prochains « LUI », ne m’aimez pas, ou alors pas longtemps. J’ai tendance à faire souffrir et à faire peur. Pourtant, je vous donnerai mon âme, sans compter, et mon corps, même si je le hais.

A Maman, je crois que tu es parti un peu trop tôt, ton travail ici n’était pas achevé. Tu m’as laissé finir le travail de ma construction, je m’y suis mal pris, j’ai fait tellement de bêtises. J’espère que tu ne peux pas me voir de là haut, tu serais si triste…il m’arrive de vouloir te rejoindre, mais il semble que cela ne sois pas encore l’heure.

A tous, ce n’est pas un régime, ce n’est pas une mode. C’est un esprit malade, c’est une lutte contre soi, à la fois pour et contre la vie. C’est un ennemi invisible, pervers, menteur et manipulateur. Et cet ennemi est moi. Pardon pour le mal que je me fais.